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Redonner vie au Fort

Alain Cadet fait le point, dans un article paru dans la Voix du Nord, le lundi 29 juillet 2024, sur le chantier devenu indispensable au Fort de Mons-en-Barœul, suite aux dégradations engendrées par le maintien inutile d'une végétation sur le sommet de l'ouvrage.

Après avoir du se rendre à l'évidence face à la dangerosité, ce qui a entraîné la fermeture de toutes les activités de ce centre socioculturel, place est enfin maintenant à une solution pour rendre ce lieu utilisable. Mais il faudra patienter plusieurs mois pour envisager une réintégration progressive, voire quelques années pour une solution plus durable, et débourser des sommes considérables.


En cette fin du mois de juillet, une opération de mise en sécurité du vieux fort a été lancée. 


Une opération de haut vol pour déposer des engins de chantier au sommet du fort Macdonald. Les engins et matériaux nécessaires au chantier sont acheminés au moyen d’une grue télescopique.

Il y a quelques jours, une énorme grue télescopique a pris place devant le mur d’enceinte. Sa mission : amener au sommet du fort de Mons-en-Barœul les engins de chantier, notamment une pelleteuse et une raboteuse spécialisée dans la destruction des souches d’arbres. Ce nouveau chantier va permettre de prévenir de nouvelles infiltrations qui détérioreraient le bâtiment. « Sur tout le sommet du fort, nous avons fait place nette », explique Francis Bossut, l’adjoint aux finances et à la nature en ville. « Ce sont les services des parcs et jardins de la ville qui, hormis les grosses souches, ont déblayé le terrain. »


Ce nouveau chantier va permettre de prévenir de nouvelles infiltrations qui détérioreraient le bâtiment. 


Une période d'observation.


Sur ce sommet, débarrassé de tout élément gênant, l’entreprise va pouvoir travailler. Elle va d’abord raboter les souches d’arbres et évacuer le bois. Puis, des travaux de terrassement seront entrepris. La terre sera refaçonnée en forme de dôme, de manière à produire une pente dirigée vers l’extérieur des murs. De nouvelles gouttières vont y être posées pour recueillir les eaux pluviales. Sur toute la surface du sommet, une immense bâche épaisse et imperméable assurera l’étanchéité du bâtiment. Puis, viendra une période d’observation pour s’assurer que tout est au sec. Quand ce sera acté, on pourra procéder à la rénovation et à la modernisation de l’intérieur (planchers, murs, sanitaires, électricité, etc.).


Des activités délocalisées.


Des infiltrations d’eau de pluie de plus en plus importantes avaient conduit la municipalité à délocaliser les activités culturelles, hébergées dans la vieille enceinte militaire. Ainsi, les salles de spectacle et de réunion ont, elles, été interdites au public. Seul le restaurant a pu être maintenu dans des conditions contraignantes. Il a fallu aussi reloger les différentes activités. Par exemple, en juin 2024, le conservatoire municipal de musique a rejoint l’école Ronsard, surdimensionnée aujourd’hui.


Mais ces structures nomades sont à l’étroit dans leurs locaux provisoires. La mairie étudie, depuis plusieurs mois, une solution à moyen terme permettant de réintégrer les locaux en attendant une rénovation pérenne du bâtiment historique.


315 000 €


Au mieux, le vieux fort Macdonald ne retrouvera ses hôtes qu’à la rentrée de septembre 2025. Le coût de l’opération pour la seule pose de la bâche et le terrassement s’élève à 315 000 € hors taxe. Il s’agit d’une solution provisoire qui risque de durer un certain temps. Quid d’une rénovation en profondeur des voûtes de l’édifice ? « Là, on est parti dans une grande aventure », confie Francis Bossut. « Tout ce que je peux dire, c’est que cela va durer très longtemps et que ce sera très cher ! »


A. C. (CLP)



La bibliothèque pourra rouvrir au sein du fort le 20 septembre 


Un article de Virginie Boulet dans la Voix du Nord du samedi 31 août 2024.



La bâche est posée, il reste à enlever les échafaudages. D’où cette date de réouverture du fort fixée au 20 septembre.


Tout l’été, des travaux d’étanchéité ont été menés au-dessus de l’ouvrage militaire, fermé depuis la mi-avril en raison des gros problèmes d’humidité constatés. La bibliothèque, qui a continué ses activités hors les murs, pourra bientôt réintégrer ses locaux. 

 

Les services techniques ont d’abord défriché et enlevé la quasi-totalité de la végétation qui a poussé sur le toit du fort. Puis, fin juillet, des professionnels ont pris le relais pour enlever les souches d’arbres, raboter et niveler la terre en forme de dôme. Des gouttières ont ensuite été posées tout autour de l’ouvrage militaire, pour récupérer l’eau de pluie. Dernière étape : la pose non pas d’une mais de deux épaisseurs de bâche imperméable. La facture pour ces travaux de sécurisation : 315 000 € hors taxes.


Le conservatoire, lui, a été relocalisé dans les locaux de l’école Ronsard. 

 

Une sécurisation qui coûte 315 000 €

 

Il reste maintenant à s’assurer qu’à l’intérieur de la bibliothèque, tout peut être fait pour accueillir les usagers, mais aussi à démonter les échafaudages, ce qui n’est pas une mince affaire. D’où ce délai du 20 septembre. Rappelons que le conservatoire, lui, a été relocalisé dans les locaux de l’école Ronsard, aujourd’hui surdimensionné, près de la piscine.


Professeurs et usagers ne devraient pas réintégrer le fort avant les gros travaux de consolidation et de modernisation qui vont y être menés. Mais le calendrier n’est pas encore connu. Par ailleurs, le restaurant du fort de Mons, lui, fonctionne normalement – avec une grande terrasse entre le fort et la salle polyvalente. Il est ouvert le midi du lundi au vendredi, et le soir (sauf samedi), uniquement sur réservation pour les groupes de minimum 20 personnes.



Les travaux sur les talus du Fort

Le jeudi 25 mars 2021, Trésor un puissant cheval ardennais de 14 ans a évacué les troncs suite à l'abattage des arbres devenu nécessaire en raison des infiltrations au niveau des voûtes du Fort Macdonald de Mons-en-Barœul. Clichés d'Alain Cadet © Association Eugénies.





























Fort humide

Le fort « pleure » plus que jamais, l’exaspération monte  

Un article de Virginie Boulet paru dans le Voix du Nord du vendredi 22 mars 2024



Le Trait d’union est fermé depuis janvier. Des élèves du conservatoire y ont malgré tout répété, entre les seaux.... Ce n’est plus le cas aujourd’hui.


L’automne et l’hiver ont été marqués par des précipitations record, écrivions-nous dans notre édition d’hier. À tel point que la terre au dessus du fort ne fait plus éponge. Certes, la situation est exceptionnelle, mais le lieu connaît des problèmes récurrents d’humidité, qui commencent à lasser. 


Une odeur de moisi, des murs qui suintent, des seaux partout... 


État des lieux


La bibliothèque, le conservatoire, le restaurant... Tout le monde trinque, ou presque, au fort. A la bibliothèque, l’étage est inaccessible depuis début janvier. Seul le personnel peut y accéder, pour aller chercher les documents demandés par les adhérents adultes, sur le mode drive. La semaine dernière, elle a fermé temporairement, le temps qu’un système de récupération de l’eau de pluie ruisselante soit mis en place : de grandes bâches ont été installées, l’eau qui y coule rejoint ensuite des tuyaux qui l’évacue à l’extérieur.


Côté conservatoire, ce n’est guère mieux. La salle du Trait d’Union, qui accueille des concerts de jazz, est fermée au public, aussi, depuis janvier. Il y a peu, des élèves y répétaient malgré tout, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et jeudi dernier, à la suite d’une réunion du CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail), il a été décidé de condamner pour le moment les quatre salles du rez-de-chaussée. Une odeur de moisi, des murs qui suintent, des seaux partout... Des cours ont pu se tenir dans les locaux laissés libres d’Heures exquises, mais d’autres ont dû être annulés.


Des professeurs " à bout " 


Face à cette situation qui dure, les professeurs du conservatoire n’en peuvent plus. Certains portent des masques FFP2 pendant les cours. L’un d’eux raconte avoir eu des problèmes respiratoires. « Je ne sais pas si c’est lié, mais c’est troublant », estime-t-il. Et côté organisation, depuis lundi, on vit au jour le jour, ce n’est vraiment pas motivant ».


Mercredi, quelques uns de ses profs ont débrayé. L’association des Amis de l’école de musique est elle aussi montée au créneau. Elle a placardé des affiches pour réclamer « de meilleures conditions et d’apprentissage et de travail ». « Le problème, pointe sa nouvelle présidente Claire Bera, c’est que les problèmes d’humidité sont récurrents. Le lieu est magnifique, mais... » De fait, ici et là, on entend des voix s’élever pour réclamer un déménagement du pôle culturel de la commune...


« La ville totalement mobilisée »


De son côté, le maire commence par évoquer « les conditions météo inédites. Mais le fort a toujours eu ses problèmes, et personne ne les sous-estime ». 


Comme il l’a fait en décembre en réunissant les usagers du lieu, Rudy Elegeest rappelle que « les arbres au dessus du fort ont été coupés. On montrait du doigt leurs racines, mais ça n’a pas tout réglé. Plus de 600 000 euros ont été dépensés en injections qui ont aussi montré leurs limites. Entre 2 et 3 millions vont être investis cette année et l’an prochain pour de la ventilation, le remplacement de tous les châssis... 


Un système de protection du toit est prévu pour la rentrée de septembre. En attendant une solution pérenne, d’ici deux ans. On la cherche. Le problème, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de spécialistes des forts Séré de Rivières ». Renoncer au fort ? En tout cas, il n’en est pas question.






Un article complémentaire paru le lundi di 15 avril 2024