Une unité colombophile
Le Fort de Mons-en-Barœul a accueilli pendant très longtemps
des unités de transmissions, et parmi celles-ci un régiment colombophile de 1930 à 1939.
Par la suite, le Fort fut utilisé durant la guerre d'Indochine pour les communications avec cette zone, avec des moyens plus modernes.
Les stagiaires devant l'alignement des arabas
Extrait de l'ouvrage la guerre 14-18 à Mons-en-Barœul édité par Eugénies
L'araba était un pigeonnier mobile.
On le voit sur certains documents au Fort de Mons-en-Barœul, comme ci-dessous
On est dans l'enceinte du Fort de Mons-en-Barœul, face à la
rue Chanzy. Le véhicule appartient au régiment colombophile du Fort, il s'agit
d'un pigeonnier mobile connu sous le nom d'araba. Le café Tytgat est visible
sur la gauche de ce cliché et un autre estaminet celui des Blés d'Or, de Louis
Vérez, qui deviendra l'imprimerie Vanhée, se situe à droite. Dans l'angle
supérieur droit un groupe de pigeons vient de s'envoler. Au lointain on devine
le village de Mons-en-Barœul, avec le clocher de l'église Saint Pierre.
Sur cet autre cliché, où apparaît au premier plan Germaine Tytgat, déguisée en militaire, on remarque surtout deux pigeonniers posés sur des tréteaux.
Sur cette vue aérienne, prise en 1930, du Fort Macdonald de Mons-en-Barœul apparaissent dans le rectangle rouge les pigeonniers mobiles.
Le monument au pigeon voyageur à Lille
A l'occasion des commémorations du centenaire de la fin de la guerre 14 - 18 un article paru dans La Voix du Nord évoque ce monument et le rôle des pigeons voyageurs pendant ce conflit.
Aux 20 000 pigeons morts pour la France
Le Monument aux pigeons voyageurs est situé près du zoo de Lille et de la citadelle. Photo d'Édouard Bride Article de Christian Canivez paru dans La Voix du Nord du dimanche 18 novembre 2018.
Alors que dans toutes les communes de France des monuments aux morts rappellent le sacrifice des poilus, Lille est la seule à disposer d’un monument aux pigeons morts durant la Grande Guerre.
Le hasard a voulu qu’à l’entrée du zoo de Lille se trouve un monument aux morts bien singulier. On y voit une jeune femme, allégorie de la paix, entourée d’oiseaux prenant leur envol. À ses pieds, un bouclier avec en son centre un pigeon, le tout écrasant un serpent, allégorie du mal... en l’occurrence des Allemands. Ce monument est le seul de France – il en existe un autre à Bruxelles – érigé en hommage aux pigeons qui ont participé à la Première Guerre mondiale, mais également aux colombophiles morts pour la France, fusillés pour avoir détenu des pigeons, ce qui était formellement interdit par l’occupant.
Les pigeons ont été massivement mobilisés durant la Grande Guerre : on estime que 20000 d’entre eux y ont perdu la vie.
Pigeon médaillé
Utilisés dès l’Antiquité pour communiquer sur de longues distances, les pigeons ont été massivement mobilisés durant la Grande Guerre. On estime que 20 000 d’entre eux y ont perdu la vie. Il faut dire que les volatiles étaient particulièrement utilisés en première ligne, là où les fils téléphoniques étaient régulièrement coupés.
C’est ainsi un pigeon qui apporta le 4 juin 1916 le dernier message envoyé par le commandant Raynal depuis le fort de Vaux, près de Verdun, qu’assiégeaient les Allemands. Ce pigeon, nommé « Vaillant », réussit à franchir les lignes ennemies. À ce titre il fut décoré de la Croix de Guerre ! L’immense majorité de ses coreligionnaires à plumes moururent dans l’anonymat. Ils étaient toujours lâchés par deux avec le même message pour se donner une chance supplémentaire que celui-ci arrive à bon port. C’est à tous ces anonymes que le monument lillois rend hommage.
Celui-ci fut inauguré le 13 avril 1936 après un an de travaux. C’est la Fédération des colombophiles de France qui avait décidé d’en faire cadeau à la ville de Lille. Le jour de l’inauguration était présent le fameux commandant Raynal (devenu entre-temps colonel), au côté de Roger Salengro. Ce jour-là, on procéda au lâcher de plusieurs centaines de pigeons et un banquet de mille couverts fut organisé. Un peu plus de trois ans après, les pigeons se retrouvaient à nouveau mobilisés, les progrès des communications feront que la Seconde Guerre mondiale fut le dernier conflit où les pigeons furent employés en nombre.
Le Groupement Régional d'Exploitation des Transmissions (GRET 806)
Après la période colombophile le Fort de Mons-en-Barœul continua d'avoir un rôle dans les transmissions avec des moyens plus modernes. Ce fut le cas pendant la guerre d'Indochine puis durant celle d'Algérie.
A l'extérieur du Fort, un hangar avait été construit. C'est l'actuelle salle des fêtes du Fort. Ce lieu servait au stockage du matériel de transmissions.
Les soldats venaient faire une formation durant 3 mois d'apprentissage, à l'époque c'était le GRET 806, avant de partir en Algérie, dès l'acquisition du brevet.
Les communications se faisaient en morse et était parfois chiffrée pour les messages confidentiels. Chaque jour des échanges se faisaient avec le Mont Valérien, même sans signification (ce pouvait être une page du Larrouse) ne serait-ce que comme entraînement.
Les hommes qui étaient aux environs d'une cinquantaine logeaient dans les chambrées de la cour centrale, à l'étage du côté nord. Le matériel était stocké sous les voûtes des passages vers les cours latérales qui n'étaient pas utilisées.
Il y avait un GRET par région militaire, composé de deux
compagnies fixe et mobile et d'un service d'infrastructure. Il avait pour
missions d'installer et exploiter les moyens de transmissions de la composante
fixe ou de l'infrastructure. Il avait aussi pour vocation de mettre en œuvre
les matériels de transmissions de campagne au profit des réseaux mobiles du
commandement régional. Il instruisait également le personnel radio, du Chiffre
des corps de troupe.
Ce cliché a été pris au moment où un soldat vient apporter le grain aux pigeons. On dénombre une vingtaine de volatiles sur cet araba mobile.
Une unité colombophile persiste
Article paru dans La Voix du Nord du vendredi 9 juin 2017
A signaler un ouvrage " Les Pigeons Soldats 1914-1918 " de Patrick Coiffier, paru le 30 octobre 2020, dont la Voix du Nord s'est fait l'écho le dimanche 10 janvier 2021. En savoir plus en cliquant ici.