Les suites d'une histoire peu banale

La Voix du Nord revient sur la (re)découverte du petit fortin situé au nord du Fort de Mons-en-Barœul en publiant deux articles. Voici le premier paru ce samedi 18 décembre 2010. Cette batterie annexe est maintenant dissimulée par une belle couche de neige, sera t-elle sauvée par le général hiver ? Voir l'article

Dans notre édition du 16 décembre, nous relations la découverte de vestiges du XIXe siècle à proximité de la rue de Gascogne et posions la question de leur origine. ...

La réponse n'a pas tardé à se manifester en la personne de Jacques Desbarbieux qui nous a contactés. Ce monsieur et très connu des Monsois : il est médecin dans la commune depuis trente ans et, surtout, il est l'auteur de nombreux ouvrages historiques sur la métropole. Rien que pour la commune de Mons-en-Barœul, il en est à son quatrième avec Mons en Barœul, Regards Croisés (Édition Sutton), écrit en collaboration avec Hubert Hennart, qui doit paraître incessamment.

« La réponse à votre question remplit la page 75 de notre livre, commence-t-il un peu goguenard. D'ailleurs, le manuscrit a été rendu début septembre. La publication était prévue initialement pour avant les fêtes de Noël et elle aurait dû coïncider avec l'ouverture du chantier. Cet endroit correspond à l'emplacement d'un fortin satellite destiné à recevoir de l'artillerie. Il était encore parfaitement visible dans les années 70 et beaucoup de Monsois s'en souviennent encore. La municipalité d'alors a décidé de le recouvrir de terre : une manière de le protéger des dégradations résultant d'une occupation sauvage. » 


Effectivement, sur l'un des deux clichés que nous a confié Jacques Desbarbieux, on voit le fortin, solitaire dans la plaine. À cette époque, seule la gendarmerie de Villeneuve-d'Ascq est visible dans le lointain. Une vue aérienne, datant des années 50, met parfaitement en évidence le Fort Mac Donald et ses deux constructions satellites déportées dans la plaine (nous avons entouré celle qui est concernée en rouge).

« Ce qui est intéressant dans cette fouille de diagnostic préventif, c'est la mise à jour de milliers de briques cassées. On savait que pour produire les millions de briques nécessaires à la construction du fort, il existait une briqueterie. On vient probablement d'en localiser l'emplacement. C'est assez logique. Cette plaine très riche et argileuse abritait un site Gaulois. Aux potiers gaulois ont donc succédé les Belges du XIX e siècle... fabricant les briques du Fort. Ce que je regrette, c'est que les travaux de terrassement vont probablement continuer sans que l'on cherche à aller plus loin dans la connaissance de cet ouvrage. Il y a une question qui intéresse les historiens locaux : c'est de savoir s'il existait un passage souterrain entre le fort et le satellite. Claude Coquelet, un vieux Monsois qui a fait son service militaire au fort, se souvient d'un départ de souterrain, aujourd'hui muré, dans cette direction. Je crains qu'il n'y ait jamais de réponse à notre question. » Sans nul doute, Jacques Desbarbieux va devoir réécrire complètement la page 75 de son ouvrage. • A. C. (CLP)

Pour aller plus loin : « Mons en Barœul, Regards Croisés », Édition Alan Sutton*, Jacques Desbarbieux, Hubert Hennart (à paraître).
* L'éditeur contacté nous promet maintenant une parution pour février 2011.