Un témoignage : " On a rasé notre petit fort " !

Merci à Monsieur Beulque qui nous adresse ce témoignage, qu'il nous a autorisé à publier.

Comme tous les vieux monsois je suis ce jour anéanti par cette nouvelle, on a rasé '' notre petit fort ''  et tous nos souvenirs avec !

" J'ai 72 ans et il y a 3 ou 4 ans, avec un copain de mon âge, me fiant à l'allée de grands arbres j'avais retrouvé le tertre sous lequel, manifestement, se cachait le terrain d'aventure privilégié de notre jeunesse.

Suite à l'article paru dans La Voix du Nord en décembre dernier j'étais allé sur le terrain pour constater qu'effectivement ma mémoire ne m'avait pas trompé mais confiant dans les capacités de la municipalité à préserver son patrimoine. "


Las, et il faudra bien le savoir : qui a faillit ?

" En attendant il me reste le souvenir de juillet 1958 quand une bande de copains de 18-19 ans conscients d'être à la croisée des chemins, la vie professionnelle ou étudiante pour les uns, familiale déjà pour d'autres, mais surtout pour tous la perspective de 28 mois d'armée et de séjour en Algérie, avait consacré un bel après-midi à la recherche de sa jeunesse dans cet endroit mythique. A la suite d'un bon pique-nique nous nous sommes dérisoirement dépensés dans une dernière partie de cache-cache puis, affalés dans l'herbe avons évoqué nos souvenirs. "

" Léon nous a bien fait rire en nous rappelant le jour où, nous avions une douzaine d'années, nous avons entrepris de nous glisser un à un dans le trou d'homme  qui chapeautait la voûte pour sauter à l'intérieur de l'ouvrage et que Georges, le petit gros de notre troupe, s'est retrouvé coincé agrippé à je ne sais quoi. A deux ou trois, en dessous, nous tirions sur ses jambes, il gueulait, il gueulait... Pas moyen de le décrocher, alors, par le dessus nous avons réussi à le débloquer et il est ressorti...en slip le bénouze accroché dans la saillie des briques ! "

" Plein de copains, connus ou inconnus, vous raconteront mille anecdotes vécus dans les fossés de notre  petit fort aussi en leur nom je vous fait part de notre tristesse car c'est un grand pan de notre enfance que l'on s'apprête a couler dans les fondations d'un ensemble immobilier, peut-être nécessaire, mais qu'avec un peu de bon sens et de concertation, l'on aurait pu intégrer au bénéfice du souvenir et de la reconnaissance des vieux monsois toujours fidèles au cadre de vie qu'ils auraient tant aimé voir sauvegardé. "