Un Fort du système de défense Séré de Rivières

Construit en deux années seulement, de 1878 à 1880, le Fort de Mons-en-Barœul fait partie du système de défense élaboré par le général Séré de Rivières suite à la défaite de 1870. Devenu inutile suite à la mise au point de nouveaux explosifs 5 ans seulement après sa réalisation, il sera toutefois le siège d'unités de transmission, dont la plus étonnante sera celle d'une section colombophile avant de servir durant la guerre d'Indochine. Entre temps il aura connu des périodes d'occupation allemande à chacune des deux guerres mondiales, après avoir été déclassé 48 heures avant la déclaration de la première ! Resté intact, car non bétonné comme beaucoup d'autres fortifications, et magnifiquement remis en valeur avec un centre socio-culturel, c'est un exemple unique qui présente un intérêt architectural, historique et patrimonial exceptionnel.

Visite estivale

Tandis que certains patinent dans les bouchons. Qu’ils font des milliers de kilomètres pour découvrir de nouveaux paysages et leurs bâtiments remarquables, d’autres voyagent malin jusqu’au fort Séré de Rivières (du nom de son concepteur) de Mons-en-Baroeul, vestige de l’architecture militaire du XIXe siècle et coin préservé de nature en ville.

Au pied de l’enceinte, devant l’ancien pont-levis, on retrouve un groupe d’une vingtaine de jeunes postulants à la visite. Ils viennent de LADAPT de Capinghem (près de Lomme), une structure d’accueil qui aide les jeunes handicapés à  trouver un travail en milieu ordinaire. Ces sorties culturelles font partie de la pédagogie de l’établissement. En face, pour les accueillir, deux guides émérites et expérimentés de l’association Eugénies, Jacques Desbarbieux et Guy Selosse, toujours prêts à servir dès qu’il s’agit de promouvoir le patrimoine local. Ils sont venus équipés avec, dans leurs sacs, de grands classeurs contenant plans et photos de l’édifice et toute la documentation idoine pour répondre aux questions les plus inattendues. On voit tout de suite qu’ils n’en sont pas à leur coup d’essai et qu’ils ont une grande habitude de crapahuter dans le fort. Leurs chaussures de randonnée, façon montagne, sont impressionnantes et ne dépareraient pas les sentiers du massif du Mont-Blanc. Les jeunes, en tennis ou baskets partent avec un handicap mais ils ont aussi des atouts à faire valoir. Justement, ils sont jeunes ce qui, sans être médisant, n’est plus tout à fait le cas de leurs guides. Le programme est annoncé : « On entre en franchissant le pont dans la grande cour principale. Puis direction la cour sud et les jardins de Thalie, l’ancien pas de tir de la forteresse devenu un amphithéâtre de verdure et qui accueille des spectacles en plein air. Il sera temps, ensuite d’aller voir à quoi ressemblent les caponnières avant de terminer en bouclant le tour de l’édifice par la « rue des remparts ». C’est parti pour une belle balade d’une heure trente… au pas de charge !

Les jeunes sont impressionnés par ces murs puissants construits par des ouvriers belges,  à l’aide de millions de briques. « C’est vraiment un beau bâtiment », risque l’un d’entre-eux. « C’est le plus beau fort du genre rectifie Jacques Desbarbieux, qui combat farouchement l’opinion selon laquelle « le fort de Seclin serait le plus beau ».  Mais, son compère, Guy Selosse, est d’un avis moins tranché : « celui de Seclin est « dans son jus », concède-t-il. « On y sent le poids de son histoire. Celui-ci est presque trop beau ! Totalement rénové, il évoque un décor de cinéma même si avec le temps, il commence à se patiner ». Il en va des communes de la banlieue lilloise qui possèdent fort Séré de Riviéres comme des villes d’outre-Manche qui possèdent un restaurant. Dans chacune d’entre elles on vous affirmera que c’est ici que se trouve le meilleur « fish and chips » d’Angleterre !



Mille et une manières de visiter le fort

Nous avons suivi la visite de l’association Eugénies mais elle n’est pas la seule à proposer au public la visite du vieux fort. L’Association Historique de Mons-en-Baroeul possède aussi des guides compétents. Elle organise, chaque premier dimanche du mois une visite ouverte à tous tandis qu’Eugénies s’adresse plutôt à des groupes constitués, sur rendez-vous. Ceci dit, on peut également monter ce type d’événement à la demande avec l’Association Historique. Le public a l’embarras du choix. Naturellement, la visite guidée permet de mieux approfondir la connaissance du bâtiment. La documentation (photos plans etc.) qui accompagne le guide permet de prendre connaissance d’informations invisibles par la seule déambulation dans le bâtiment. On peut aussi se débrouiller en amenant sa documentation. Eugénies met en vente une brochure de 36 pages sobrement intitulées « Le Fort de Mons-en-Baroeul ». Elle comporte beaucoup de photos et des explications sur les différents lieux de la visite. L’Association Historique propose un livre très complet de Xavier Lavallart  intitulé « Au cœur d’un village rural, le fort de Mons-en-Baroeul » qui retrace l’histoire du bâtiment. Si vous êtes modernes vous pouvez consulter le site Internet http://fortdemonsenbaroeul.blogspot.fr/qui propose une connaissance encyclopédique du sujet. Si vous êtes très modernes vous pouvez même le consulter, in situ, lors de la visite, avec votre Smartphone ou votre tablette connectée. Si vous êtes un amoureux de la nature, vous pouvez, paresseusement, vous balader sous les arbres ou sur les pelouses et profiter du bon air du plateau monsois et du chant des oiseaux. Si vous êtes sportif et amateur de course à pied, vous pouvez faire le tour des fossés (rien que du plat) ou bien gravir les pentes sans risque d’être importuné par la foule des joggeurs ! Bref il y a mille et une façons de visiter ce fort !